James Pond @unsplash.com

Tu sais que tu es éco-engagé.e quand...

Salut !

 

Cela va faire 3 ans que j’ai pris des engagements pour aller vers le zéro déchet et un mode de vie plus durable dans l’absolu. A ce jour, mes choix sont sans l’ombre d’un regret et m’ont apporté beaucoup de bonheur au quotidien. Ils me rendent plus autonome, plus indépendante, et me rendent maître de mes actions, ce qui donne une sensation de liberté extrêmement précieuse (grande source de bien-être !). Pour autant, les difficultés ne viennent pas toujours de là où on les attend… et afin de rire un peu, de t’aider toi aussi dans ta démarche en prenant du recul, je te dresse mon top personnel des différentes réactions que j’ai provoquées ces dernières années (zero waste badass, ouais)

 

L’inquiétude (limite angoisse)

C’est trop pour moi

Ca, c’était la fois où je suis allée chercher à manger près du bureau. Un burger végé. Je le voulais avec le moins d’emballage possible. Normalement, le restau met le burger dans 2 papiers + frites dans un emballage type polystyrène + couverts en plastique + serviettes en papier + sauces en portion individuelles avec emballage plastique + sac en papier pour porter le tout. Rien que ça !

Je voulais le burger, avec un seul papier pour le transporter à la main, le temps de couvrir les 40 mètres qui me séparaient du bureau.

Je n’ai jamais lu autant d’inquiétude dans les yeux de cette personne que lorsque je lui ai fait ma requête : « le moins d’emballage possible s’il vous plaît ». « Non pas de sac, vraiment. Pas de serviette, j’en ai au travail » « non mais je vous assure que ça va aller, je travaille tout près ! »

Elle insistait tellement que ça me gênait presque, ça a intrigué tous les autres clients du restau (bonjour l’affiche) tandis que je faisais tout mon possible pour la rassurer sur mon état mental et que tout allait bien, j’allais porter mon burger à la main sur 40m et le manger normalement, dans une assiette avec des couverts. Pas de quoi en faire de l’eczéma !

 

L’incrédulité

Gné ?

Il y a celles et ceux qui ne comprennent pas ta demande parce que ça ne leur a juste . jamais . traversé . l’esprit. Et tu es sans doute la première personne à venir les voir avec ton propre sac, à refuser le leur. La plus drôle que j’ai eu, c’était en déplacement professionnel il y a quelques années. Au restaurant, j’ai dû interrompre la serveuse qui me détaillait la carte du jour en m’excusant platement « excusez-moi mais avez-vous un plat végétarien ? »

Ok et là j’ai vu d’abord le vide dans ses yeux, puis vu sa vie a défilé, puis l’incompréhension la plus totale

« vous ne mangez pas de viande ? »

« non, pas de viande terrestre ni maritime »

Blanc. Vide. Gros blanc.

« … mais vous mangez quoi ?! »

Gros blanc (de moi cette fois) J’en pleurais de rire intérieurement !

Ben tout le reste, en fait. Je crois pas que tu manges du steak au petit-dej, si ? Les fruits, les légumes, les céréales, les légumineuses, les tubercules, les racines… Tout pareil que toi, mais la viande en moins. Aussi simple que ça !

 

Le VIP

So excited!

Celle-là était vraiment trop drôle et pour le coup, c’est moi qui suis tombée des nues ! Je suis allée chercher à manger au travail un midi en apportant mon propre contenant. Complètement déstabilisée par la réaction du serveur :

« oh ! je peux prendre une photo avec vous ?! »

(Euh?)

« non mais faut que je vous explique. Je l’ai dit à mon chef. On a des clients qui viennent avec leur propre sac maintenant, on a des gens qui refusent les couverts en plastique. Et je lui ai dit : tu verras un jour, y a quelqu’un qui va venir avec son propre bol ! Il m’a pas cru. Et vous voilà, avec votre bol ! »

Haha..

« je peux vous prendre en photo ? je le mettrais sur le snapchat du restau »

(moi) Haha.. hein ?!

 

Le dédain

Comment ça tu veux pas de mon sac?

"Oh alors tu crois que tu vaux mieux que moi, c’est ça ?"

Celle-ci, c’est l’anecdote la moins agréable, mais avec le recul je me dis que c’était bien stupide. En boulangerie, je refuse systématiquement le papier pour le pain. Il y a quelques années, il y avait une boulangerie où nous passions de temps en temps. Là encore, j’ai dû me battre avec la boulangère pour lui refuser le sachet – et me justifier (!) parce que j’habitais tout près et que je n’avais pas besoin de ça pour porter mon pain.

La vendeuse m’a regardé avec dédain et en sortant, je l’ai vue chuchoter à sa collègue et me regarder en ricanant. Très désagréable sur le coup.

J’y suis retournée quelques jours plus tard et je formule ma demande à la collègue en question : « une baguette, mais sans le papier s’il vous plaît ». Là, la première boulangère me reconnaît et lui fait une remarque assez désagréable à mon propos – et en ma présence

Euh… ? Pourquoi tant de mépris ? Il m’a fallu un peu de temps pour digérer cette méchanceté totalement gratuite. Je ne sais pas à quoi j’ai fait écho chez cette personne pour qu’elle me juge autant, mais c’était bien au-delà de refuser un bout de papier !

 

Le jugement caché

Je ne te juge pas, mais...

« Je ne te juge pas pour tes choix de vie, comme le fait que tu sois végétarienne »

(ah ben j’espère bien ! parce que moi je ne te juge pas parce que tu manges de la viande. Par contre, ça a l’air de te déranger.)

Celui-ci est extrêmement révélateur des croyances auxquelles on se confronte quand on sort des sentiers battus. Pour un végétarien, c’est toujours extrêmement dérangeant ce genre de remarque parce que de notre point de vue, c’est une action pacifique. Il s’agit véritablement de ne faire du mal à personne : on sauve des vies en ne mangeant pas d’animaux, et qu’on se prend toujours un retour de pelle étrange avec cette phrase jugeante, simplement parce que les gens font face à leur propre incompréhension. 

 

Le faux bon conseil

Je serais toi, je ferais pas ça... J'dis ça comme ça

Encore une histoire de boulangerie (décidément).

moi: « Je n’ai pas besoin du papier, je vais le mettre directement dans mon sac »

la boulangère: « Mais il est propre votre sac ? ...Non mais je dis ça pour vous hein »

 

Ben non, il est dégueu et je l’ai roulé dans la boue avant de venir vous voir, mais merci de vous en soucier, hein.

(ce que j’aurais aimé lui répondre si j’avais plus de répartie dans la vie)

 

Le oui-mais-non

Euh. Non.

Troisième anecdote boulangerie (et c’est jamais la même, hein)

« bonjour, une baguette, sans le papier s’il vous plaît »

« OK, voici », me dit-il, en me tendant le pain dans un sachet

Ah bon ben d’accord, alors.

 

La bienveillance (déplacée)

Quand on te dit que c'est pour ton bien

Cette réaction vient le plus souvent des proches. Il y a cette fois où j’ai reçu une très généreuse commande de gelée royale et que je me suis rendue compte qu'il y avait un message caché derrière « oui je me suis dit que ça te ferait plaisir pour tes carences, comme tu es végétarienne » (what ?! le skud sorti de nulle part) Ou cette fois où j’ai reçu (beaucoup trop) de spiruline « pour être sûre que tu ne manques de rien ». C’est en fait plus touchant qu’autre chose, car on se soucie de moi. Et je suis extrêmement reconnaissante de ces gestes affectueux. Là, ce n’est même pas la peine d’essayer de rationaliser ni même de montrer tes bilans sanguins (je me porte bien, merci) car dans ce moment, il faut être conscient que tu remues trop les croyances ou les habitudes de ton interlocuteur, qui essaye de rétablir un équilibre. Nos relations sont solides et doivent aller au-delà de ça !

 

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En y repensant, ça me fait quand même bien rire. Je te le partage car toutes ces réactions ne sont pas positives et c’est important de savoir rester droit dans ses bottes. Je prends mes choix en toute responsabilité, en mon âme et conscience. En devenant végétarienne il y a 6 ans… non, 7 maintenant ! (roooh) j’ai remarqué que ce choix, qui ne concerne que ma propre alimentation – je n’oblige personne à faire de-même - créait du remous (parfois, beaucoup de remous). Et avec le zéro déchet, c’est la même chose. Pourquoi ?

Parce que mon choix remet l’autre en question, en miroir. Et qu’il arrive que les autres se sentent jugés par mes choix de vie, bien malgré moi. Mes choix impactent mon foyer mais pas au-delà. Mon conjoint n’est pas végétarien. Je suis ok avec ça et je ne lui fais pas une crise quand il mange de la viande. Seulement, avec le végéta*isme, avec les choix de consommation induits par le zéro déchet, on questionne des habitudes très ancrées, même des croyances qui ont (vraiment) la vie dure. A commencer par celle de la nécessité de manger de la viande pour être en bonne santé. A commencer par celles et ceux qui ne voient tout simplement pas l’intérêt (« mais ce n’est qu’un papier/emballage »)

 

Je disais plus haut qu’il s’agit de réactions que j’ai provoquées : en effet, c’est mon comportement qui a créé ces réactions, et lui seul. Ce ne sont pas les autres qui sont venus me titiller. Je ne peux pas en vouloir à autrui alors que c’est ma présence qui génère cette réaction. Seulement faire preuve de bienveillance et d’empathie pour celles et ceux que ça dérange, qui ne comprennent pas ou qui n’en voient pas l’intérêt. Et c’est en dialoguant avec ses proches comme les inconnus qu’on pourra dépasser ça pour mieux vivre ensemble, pas se braquer en disant qu’ils n’ont rien compris, qu’ils sont bêtes, etc.

Si tu suis un parcours semblable, tes choix ne feront jamais l’unanimité. Mais c'est pas grave, l'important c'est qu'on soit droit dans nos bottes!

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BONUS : l’engrenage enclenché 

Pour finir sur une belle note : c’est cette fois où une amie me donne de la brioche fait maison <3 <3 qu’elle s’apprêtait à emballer dans de l’alu ou du cellophane puis s’est ravisée en s’exclamant « ah mais non, c’est pour Sophie ! » et qu’elle l’a mis dans un tupperware, que je lui ai rendu la fois suivante. Rien ne me fait plus plaisir que de voir mes proches mettre en place un geste qui ne fait pas partie de leur routine, parce qu’ils savent que cela compte pour moi. J’espère que j’en fais au moins autant pour eux !

 

Bonne semaine !

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