Forest and sunlight
Raquel Smith @unsplash.com

J'aime et j'en parle: Etats Sauvages

Hello ! On continue cette section avec un entretien qui me tenait à cœur : celui de Julie de Saint Blanquat, co-fondatrice de l’association Etats Sauvages. L’association est toute jeune et déjà très ambitieuse. Je te recommande vivement de suivre les news en t’abonnant à la newsletter et encore mieux si tu le souhaites : devenir bénévole pour agir concrètement sur la préservation de la biodiversité ! Sur ce, je te laisse découvrir notre entretien. Bonne lecture !

Raquel Smith @unsplash.com

 

QUI EST DERRIERE ETATS SAUVAGES?

"Derrière Etats Sauvages, il y a deux personnes : Julie de St Blanquat (moi), et Cédric Diridollou. On a des parcours complètement différents : Cédric est économiste, amoureux de la nature et travaille par exemple sur des sujets de recherche tels que les biens communs. Pour ma part, j’ai un parcours entrepreneurial. Ma vocation, plus jeune, était de travailler dans le domaine de l’environnement et la protection de la forêt tropicale. Je voulais sauver la forêt amazonienne ! J’ai fait des études dans ce sens-là, mais comme il n’y avait pas de débouchés à l’époque, j’ai dû me reconvertir et j’ai fait du marketing à travers divers projets d’entrepreneuriat. 10 ans plus tard, je ne me suis plus du tout reconnue dans le monde du travail, il a fallu que je réaligne mes valeurs, ma personnalité, mes compétences et ce qui m’était cher. Je me suis dit qu’il était temps de s’engager pour la préservation de la planète, et pas seulement au niveau de mon foyer, mais de viser plus haut.

David Chiccon @unsplash.com

COMMENT EST NEE L'IDEE D'ETATS SAUVAGES?

Etats Sauvages est né de ces volontés personnelles : on avait tous les deux, Cédric et moi, envie de faire quelque chose de concret. J’avais déjà l’expérience de monter des projets entrepreneuriaux. Je me suis dit que même si c‘était tout petit, il fallait tenter l’aventure et voir où ça nous mènerait. Comme l’indique mon parcours, la petite graine de cette association a été plantée il y a 20 ans et c’est toujours resté dans mes envies profondes. Je parlais de s’engager au-delà de son foyer : je voyais aussi beaucoup de personnes autour de moi qui se sentaient perdues, qui avaient envie de rejoindre une association avec des personnes qu’elles connaissaient déjà, à taille humaine.

Il est important de fédérer autour de soir, et c’est cette idée qui est à l’origine d’Etats Sauvages. Organisé autour d’une idée socle qui est celle de la protection de la biodiversité avant tout. Cette protection peut se faire sous de multiples formes, mais ça veut dire : préserver nos cadres de vie, les ressources naturelles, faire attention à toutes les espèces animales et végétales autour de nous. Cela se traduit par le changement de nos habitudes, de la sensibilisation à tous les niveaux sur tous les sujets et c’est le rôle des ONG, assos, collectifs que d’apporter un regard différent et de mettre en musique les volontés des uns et des autres.

Max Böhme @unsplash.com

COMMENT EST-CE QUE CE PROJET A DU SENS, POUR TOI?

Beaucoup se retrouvent, à un moment de leur vie, face à eux-mêmes. Il y a des moments de rupture profonde qui font que l’on se rend compte que les valeurs qui nous animent - ce qui est vraiment important dans la vie - ne sont pas prises en compte dans le cadre professionnel, voire sont niées. Je parle des valeurs de solidarité, de préservation de la nature… La négation qu’on a de ces valeurs profondes (si on veut bien s’écouter) fait qu’on explose et que ça crée de la souffrance personnelle. Le seul moyen de remettre du sens dans sa vie, c’est alors de se rendre utile pour la société - et pas que la société humaine. Moi, j’ai voulu le faire de manière très concrète et de manière associative pour donner de l’ampleur à nos projets, pour qu’on puisse aussi aider d’autres personnes à être utiles. Il s’agissait de mettre en musique valeurs, compétences et travail. C’est de l’énergie qu’on fournit au profit d’une cause juste.

 

COMMENT EST-CE QU’ETATS SAUVAGES LE FAIT, CONCRETEMENT ?

Etats Sauvages est là pour préserver une nature très abîmée par l’humain, une espèce qui la dénature profondément. On est en train de scier la branche sur laquelle on est assis : et le pire, c’est qu’on s’en rend compte ! Et qu’on se sent désemparé. Avoir une association comme Etats Sauvages permet de réfléchir à des sujets qui nous dépassent, dans l’espace et dans le temps.S’engager, cela veut dire donner de son temps, de l’argent si on en a la possibilité, mais également de son cerveau disponible car cela signifie continuer d’apprendre, d’évoluer dans sa façon de vivre au quotidien. Aujourd’hui, cela veut aussi dire remettre de la sobriété dans nos façons de vivre. Arrêter de galvauder le terme de « décroissance » par exemple ou de le prendre comme une régression. Au contraire, il faut valoriser cette décroissance.

Chez Etats Sauvages, l’objectif est d’agir concrètement : éducation, sensibilisation (articles, ateliers), etc. Nous souhaitons mettre en place des conférences et pouvoir vulgariser la connaissance. Je suis convaincue que si l’on éduque les populations, on est mieux armé pour agir. Si les gens sont conscients de l’impact de leurs pratiques, ils peuvent changer. Mais si l’on maintient les personnes dans l’ignorance, cela empêche le changement (un exemple tout simple, c’est celui de l’impact de l’industrie de la mode, sur lequel le public est encore trop peu informé). Il ne faut pas se dire que d’autres vont penser pour nous, ce n’est pas le cas.

Casey Horner @unsplash.com

La deuxième chose, c’est ce projet que nous avons d’acquérir un massif forestier en France. Car les problèmes ne sont pas à l’autre bout du monde mais aussi tout près de chez nous ! Nous avons donc lancé un crowdfunding sur plusieurs mois pour acquérir une forêt en France et lui laisser l’opportunité de vieillir. La majorité des forêts en France ne possède qu’une ou deux essences seulement. Nous avons décidé d’agir avec les outils à notre disposition (ici, la propriété privée). Les services publics ont du mal à jouer leur rôle de préservation du bien public (je pense notamment à la privatisation rampante de l’ONF…). Toutes ces actions font que le privé doit prendre le relai sur le public, car ce dernier est mal en point et les politiques publiques ne sont plus suffisamment soutenues pour protéger notre biodiversité. On voit donc les ONG prendre ce relai. A ce titre et par exemple, l’ASPAS fait également beaucoup à ce sujet. 

Ce projet de crowdfunding, c’est LE grand projet de l’année. Nous avons également de plus petits projets : des ateliers à petite échelle, qui permettent de faire connaitre l’association, de sensibiliser autour de nous. Ces ateliers, c’est par exemple le nourrissage des oiseaux en hiver, des clean up walks, le volet gestion des déchets, l’approche plus sobre que chacun peut adopter. Nous souhaitons accompagner le public en proposant de la documentation, des tutos pour que chacun puisse changer à son niveau. De nombreuses associations s’y mettent et je ne pense pas que ce soit redondant. Bien au contraire, il faut en parler un maximum pour avoir de l’écho.

Jeremy Vessey @unsplash.com

S'ENGAGER POUR L'ENVIRONNEMENT, CA RESONNE COMMENT POUR TOI? 

Je crois que nous avons tous notre rôle à jouer et celui-ci peut être variable en fonction du temps, des moyens que l’on a. Je suis intimement convaincue de cela et qu’il ne faut pas avoir peur de s’engager. On se rend compte qu’on n’est pas seuls et qu’on peut avoir beaucoup plus d’impact que si on est seul. Il ne faut pas craindre de s’engager, de rejoindre une association. Il y a différentes formes d’engagement et chacun peut y trouver son compte.

Ce qu’il ne faut pas, c’est sombrer dans l’alarmisme des données scientifiques sans en tirer une action, sans se mettre en mouvement soi-même. Certains vont attendre et laisser faire, sombrer dans le désespoir, d’autres vont avoir une attitude presque naïve, pensant que l’humain et la science vont nous sauver. Aucune de ces stratégies n’est pro-active. Je ne vais pas reprendre le mythe du colibri, mais il y a cette idée que chacun peut agir et à avoir un impact. Il est encore possible d’agir et de transformer les choses autour de nous, encore faut-il le vouloir.

Le coronavirus nous donne un exemple de l’impact direct du ralentissement et on se rend compte très vite qu’on fait partie d’un tout : l’air est au mieux à Paris depuis 40 ans, on redécouvre le chant des oiseaux que nous n’entendions plus. Nous avons besoin de vivre de manière plus harmonieuse et plus solidaire avec ce qui nous entoure. L’exploitation humaine de l’environnement est disproportionnée, nous sommes comme coupés de nos racines. Nous avons des pratiques qui sont devenues dangereuses et pas seulement pour les autres espèces, mais pour nous aussi (pollution de l’air, alimentation…) ! Tout cela est très diffus en temps normal et on a du mal à voir les liens de causalité : la situation qu’on vit rend les choses très concrètes et très personnelles. Il faut clairement prendre le temps, prendre du recul et se demander si l’on souhaite réellement repartir sur les mêmes bases (ou pire, avec le rebond dont parlent certains économistes).

Utsman Media @unsplash.com

LE MOT DE LA FIN: UN CONSEIL A CELLES ET CEUX QUI VEULENT S'ENGAGER POUR L'ENVIRONNEMENT?

Rejoindre Etats Sauvages ! Nous sommes une jeune association qui a besoin de forces vives, alors c’est le moment de se lancer. Ce n’est pas compliqué. Chacun, avec sa sensibilité propre, y trouve sa place. Etats Sauvages n’est pas une structure figée, elle évolue avec un socle profond qui est celui de la préservation de la biodiversité, et cela se fait dans de multiples directions. Il n’y en a pas qu’une pour agir et nous sommes ouvert à toutes les énergies positives et les projets que les bénévoles nous apportent.

Ne pas avoir peur de s’engager ! Se dire que l’environnement c’est le monde qui nous entoure. S’engager pour l’environnement, c’est s’engager pour le monde, pour sa famille, pour soi. Ce n’est pas une idéologie loin de nous. Cela a un impact sur nos vies aujourd’hui et demain."

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Pour te renseigner sur Etats Sauvages, suivre ses actualités, participer au projet Forêt Sauvage, voici tous les liens qui peuvent t'être utiles:

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